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Créée le 26/04/2019
Modifiée le 26/04/2019

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Marie-Béatrice GARREAUD DE MAINVILLIERS | Responsable communication FNA | mbgarreaud@negoce-village.com | Tél : +33 (0)1 44 76 90 40

Ordonnance Séparation Conseil - Vente : une concertation inutile ?

​​Parti d’une volonté partagée de sortir de la dépendance aux produits phytosanitaires, le gouvernement programme la déstructuration de la distribution actuelle, négoces, coops, sans s’assurer de la réussite de l’objectif initial. La nouvelle version de l’ordonnance sur la séparation du conseil et de la vente parue le 25 avril 2019 amène toujours une version aussi floue de la définition du conseil et surtout du conseil stratégique rendu obligatoire aux agriculteurs. Que devra-t-il contenir, que va-t-il véritablement amener aux agriculteurs, sera-t-il contraignant ? Rien à ce stade ne permet de le dire.

Un impact considérable sur le secteur de la distribution

Dans tous les cas, cette obligation créée une nouvelle couche réglementaire pour les agriculteurs ; elle entraînera des coûts supplémentaires pour des exploitations déjà en déficit de rentabilité et de compétitivité. Elle créera de nouvelles distorsions de concurrence au sein même de l’Union Européenne.
Quant au conseil en saison, son caractère non obligatoire en fait soit un vœu pieux soit une épée de Damoclès en attente d’une prochaine réglementation.
L’impact social et économique sur les entreprises de distribution sera considérable. Les pouvoirs publics ont engagé un vaste chantier de déstabilisation de notre secteur d’activité. Le calendrier d’application est particulièrement court. 18 mois pour restructurer des entreprises et des filières, c’est trop court !

Une mauvaise analyse a conduit le législateur à considérer que la distribution était le problème de la transition agro-écologique alors qu’au contraire elle en représente un outil indispensable. 


Nos entreprises et nos organisations se sont engagées dans la construction d’un nouveau modèle agricole moins dépendant de la chimie de synthèse. Elles œuvrent au quotidien en ce sens, et en agriculture, les cycles de production imposent un temps long. Nos équipes sont mobilisées pour assurer le développement des solutions de bio-contrôle et des diverses méthodes alternatives et combinatoires – méthodes alternatives associées à des méthodes conventionnelles. Ces méthodes hybrides sont indispensables à la transition agro-écologique voulue par tous. 
En voulant précipiter les évolutions, en adoptant une méthode inadaptée aux réalités du terrain, les pouvoirs publics apportent une mauvaise réponse à une question mal posée. A travers les cinq versions d’un texte sur lequel aucune remarque issue des professionnels du secteur n’a permis la moindre inflexion, on peut douter de l’efficacité de la concertation.

Antoine PISSIER




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